Rencontre avec Gabriel Osson, artiste francophone

Par Marie Martel, Éditrice du contenu francophone, Lavalab

 

Le 2 avril dernier, j’ai eu la chance de rencontrer Gabriel Osson à la foire de la francophonie. Et quelle rencontre ! Gabriel nous a fait le plaisir de faire une présentation littéraire de son dernier livre J’ai marché sur les étoiles – Sept leçons apprises sur le chemin de Compostelle.
Le Chemin de Compostelle attire chaque année plus de 200 000 randonneurs et pèlerins. Pour la plupart, cette expérience demeure une activité de réflexion ou de ressourcement. Pour les autres, c'est un moyen de faire du tourisme, une expérience humaine de rencontres, ou un défi à relever. Mais quel que soit la motivation, chacun ressort de cette marche un peu changé et marqué.
Je vous invite à lire mon entretien pour en savoir plus sur cet artiste et sur son dernier livre dans lequel il nous fait vivre l’expérience de ce chemin légendaire.
 
 

 

Entretien

MM: Comment l’écriture et la peinture sont-elles rentrées dans votre vie?
 
GO: J’ai commencé la peinture à un très jeune âge par les livres à colorier. Quand J’étais gamin, je demandais une bicyclette au père Noël et je recevais de l’aquarelle et des cahiers à colorier au lieu. De là, j’ai commencé à faire mes propres dessins et je n’ai jamais cessé.
L’écriture, c’est autre chose. J’ai beaucoup lu depuis ma jeunesse et j’ai développé un goût pour les mots et leur sonorité. J’ai commencé à consigner mes états d’âmes dans des cahiers de notes et à treize ans, la soeur d’un copain a appris que j’écrivais et devait faire une entrevue pour le journal de son école. J’ai ainsi publié mes premiers poèmes et eu ma première entrevue. Je devais avoir quatorze ans.
Mon premier recueil date de l’année suivante durant mes vacances d’été, j’ai eu accès à une machine à écrire et j’ai composé mon premier recueil que j’ai toujours en exemplaire unique.
 
 
MM: Quelles sont vos influences?
 
GO: mes influences littéraires ont été d’abord les grands classiques, puis, il y a eu Gide, Sartre, Malraux, Hugo pour ne nommer que ceux-là. Plus tard, ce fut les poètes québécois comme Nelligan entre autre dont j’aimais le côté obscur.
Pour la peinture, je suis plutôt autodidacte, je suis mes propres courants.
 
 
MM: Pouvez-vous nous parler de votre processus d’écriture ? Comment commencez-vous un livre et comment travaillez-vous pour le finir?
 
GO: J’ai toujours des idées de livre ou de poésie dans la tête ou par écrit. Quelque fois, le livre mijote dans mon esprit bien longtemps avant d’écrire le premier mot. D’autres fois, ils naissent de façon forcée devant une page blanche.
Je fais souvent un squelette, j’écris les titres des chapitres à l’avance, ce qui me permet de les écrire de façon indépendante et de faire les liens après. Le plus difficile, je trouve, est de décider quand un recueil, ou un récit est terminé. À chaque fois que j’y retourne j’ajoute des phrases, d’autres idées.
 
 
MM: Est-ce que ce processus est le même quand il s’agit de peindre une oeuvre?
 
GO: Oui et Non. C’est plus figé dans un moment, je peins mes tableaux d’un jet. Il m’est arrivé souvent de retoucher un tableau longtemps après l’avoir terminé. Mais comme un livre, il faut savoir lâcher prise et mettre un point final.
 
 
MM: Vous venez de sortir un nouveau livre J’ai marché sur les étoiles, 7 leçons apprises sur le chemin de Compostelle. Saviez-vous que cette marche deviendrait un livre avant de commencer cette marche?
 
GO: C’est plutôt un récit de cette marche vers Compostelle et ce que j’ai tiré comme leçon chemin faisant. Non, je ne savais pas au départ que cette marche deviendrait un livre. Si oui, j’aurais pris plus de détails. Je tenais un journal de voyage où je consignais mes impressions de la journée, sans plus. Ce n’est que plus tard à force d’en parler de ce voyage à d’autres qu’il m’a été suggéré d’écrire mon expérience. Alors j’ai puisé dans ma mémoire et le carnet de voyage pour remémorer cette expérience. Ce fut un exercice assez spécial car ce faisant, je redécouvrais les sensations du voyage, les odeurs, la souffrance. Il faut dire que les photos prises m’ont aidé aussi.
 
 
MM: Quels ont été vos plus gros défis durant cette expérience ? Physique ou psychologique?
 
GO: Les deux. Physique d'abord, il faut porter sur notre dos toutes nos possessions et avoir la force physique de tenir plus de 25km par jour, selon les étapes décidées et ce, sept jours par semaines pendant presque un mois. Il a fallu endurer les souffrances physiques, maux de dos, de jambes. La température changeante, le froid, la chaleur intense, la faim, la soif quelque fois. Avoir une capacité d’adaptation aux différents terrains et rester attentifs aux signes qui guident notre voie.
Psychologiquement, il a fallu apprendre à se retirer en soi, être seul avec soi-même pendant ces longues heures et assumer les souffrances physiques. Ça prend un bon moral pour composer avec les aléas de la route. Il a fallu souvent que le psyché prenne le dessus du physique pour pouvoir avancer.
Se dire que cette route c’est mon choix et que ça ne sert à rien de râler car, personne ne m’a obligé d’être là. Vu que c’est un libre choix, il faut assumer et ne pas abandonner.
 
 
MM: Pourquoi avoir décidé de retracer votre expérience dans un livre?
 
GO: Tout d’abord parce que les leçons du chemin m'ont semblé universelles et parce que des amis me disaient qu’ils aimeraient lire mon histoire. Au départ, je ne pensais pas que j’avais quelque chose de plus à ajouter à l’histoire de Compostelle. Il m’apparaissait comme si tout avait été dit. Pourtant, non. Chaque expérience est unique et peut être dite différemment. Les leçons que j’ai apprises sont et seront différentes pour d’autres. Je suis heureux de partager cette expérience avec d’autres.
 
 
MM: Avez-vous pris un livre pour faire votre marche? Si oui, lequel?
 
GO: Non, vu qu’il fallait voyager léger. Mon livre était le chemin et les paysages traversés.
 
 
MM: Le livre ou les livres qui vous ont marqué?
 
GO: Oh là là, il y en a tellement. Je lis beaucoup et tous les genres. Je n’ai pas d’auteur fétiche, je suis un lecteur boulimique. Je lis trois quatre livres à la fois et certains plus d’une fois quand je veux saisir les particularités d’un auteur.
 
 
MM: Parlez-nous de votre actualité (livres ou peintures en cours, salon de livre …)?
 
GO: J’ai un roman à terminer, deux recueils de poésies et une de nouvelles sur le métier. J’essaie de les travailler de front, mais ce n’est pas facile. Le roman m’interpelle d’avantage ces temps-ci car je voudrais pouvoir le terminer sous peu. Je serai au salon du livre de Sudbury début mai. les prochains salon seront à l’automne.
 
Je participe à une soirée de poésie organisée par la Librairie Mosaïque à l’Alliance française le 12 avril à 18:00. L’association des Auteures et Auteurs de l’Ontario (AAOF) présente un bouquet littéraire le 23 avri à 14:00l à la Bibliothèque Palmerston auquel je participe.
Coté peinture, c’est plus tranquille, je viens de terminer un tableau la semaine dernière et je n’ai rien d’autre en vue. Mais j’ai toujours un canevas prêt au cas où.
 
 
Si vous voulez en savoir plus sur Gabriel Osson, je vous invite à visiter son site http://www.gabrielosson.com/.

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